Mercredi 25 septembre 2002

Un plaisir de la vie : les figues

Vous rappelez-vous de la bande dessinée Hagar l’horrible publiée dans les hebdos québécois à la fin des années soixante-dix ? Enfin, dans une des aventures d’Hagar, il devait peler des figues. Des mes huit ou neuf ans, je croyais que c’était une erreur et qu’en fait l’horrible Hagar voulait peler des figu-r-es. Oui, des figures. Ma relation avec les figues s’est depuis approfondie et j’ai même un faible pour les figues vertes, dont j’apprécie la rugosité de la peau sur langue, la chaire au goût de miel et les centaines de petites graine qui craquent sous la dent…

Cette année, pour une histoire de température, les figues vertes sont minuscules. J’ai donc décidé de trouver une façon intéressante de les apprêter en salade. Étant donné le succès que j’ai eu avec mon improvisation, je vous la livre ici.

Tout d’abord, les ingrédients :

  • Des figues vertes (environ 3 ou 4 très petites figues par personne) coupées en deux
  • De jeunes épinards bien tendres
  • Un ballotin de fromage de chèvre à croûte ferme, laissé à température de la pièce (calculez que vous devrez faire des tranches)
  • Des pignons de pin ou des noix de grenoble
  • De l’huile légère – j’utilise l’huile de pépins de raisin – parce que l’huile d’olive est un peu trop relevée pour cette recette
  • Du vinaigre balsamique
  • Une ou deux gousses d’ail au goût

Les manipulations :

Faire chauffer 2 ou 3 cuillerées d’huile et y faire frémir les figues, après trois ou quatre minutes, ajouter 2 cuillerées à thé de vinaigre balsamique, baisser le feu, puis y jeter l’ail. Prélever les figues avec une cuillère trouée, mettre de côté, ajouter un peu d’huile et de vinaigre dans la poêle pour faire la vinaigrette et verser le tout dans un petit récipient. Griller le noix au four ou à la poêle (on huile la poêle et on grille 2 minutes). Disposer les épinards sur chaque assiette, mettre une ou deux tranches de chèvre (selon le format de votre ballotin ou votre goût pour le fromage), garnir de figues, de noix, puis arroser de vinaigrette tiède… Mmm…


9:26:38 PM    

11 septembre et 11 septembre

Plusieurs de mes proches se demandaient comment je vivrais cet anniversaire. Allais-je prendre congé du boulot ? Allais-je participer à quelque activité de commémoration ? Ces questions étaient toutes pertinentes, mais je n’avais pas de réponse. Aux États-Unis, G.W.B. se cherchait des ennemis à abattre, les gens les plus touchés par les attentats ne prenaient plus la parole que pour clamer leur raz le bol des médias. La vie avait repris son cours.

Cette année, le 11 septembre, à 8 h 43, j’étais dans mon auto, en route pour le travail et je constatais que ma vie avait bel et bien changé. À pareil date l’an dernier, j’étais à New York aux pieds des tours, stupéfaite devant l’indicible et loin de savoir à quel point la situation se dégraderait. À 9 h 40, je voyais des dizaines de gens condamnés à la mort, plonger dans le vide. Quelques minutes plus tard, en entreprenant une longue marche pour quitter le Point Zéro, je me suis demandée si je reverrais les miens. Cette année, un peu avant 10 h, mon père m’apprenait que la science avait fait son œuvre et dompté ce cancer qui quelques mois plus tôt avait sérieusement écourté son espérance de vie.

Oui, tout a changé pour moi parce que j’ai appris sur qui je pouvais compter… Le monde est redevenu un endroit où il fait bon vivre. Merci à vous tous donc et surtout à mon amoureux, mon roc, mon incomparable M.


8:15:10 PM