La
Fédération est celle des travailleurs des
industries du Livre, du
Papier et de la Communication CGT. L’industrie
papetière, dont la
fédération CGT a fusionné
avec celle du Livre en 1986, connaît une
période sombre.
C’est la globalisation du
marché du papier qui la
frappe. Alors que la demande en papier ne se dément pas,
alors que la
place existe pour les nouveaux papiers répondant aux
exigences de
l’économie durable, les patrons des grands groupes
se tournent vers les
marchés où l’espérance de
profit est la plus grande : Chine, Amérique
latine, pays de l’Est.
Dans un même mouvement, les
papetiers
français font baisser la production. Par
l’arrêt de machines et
d’usines, par fusion de sociétés. Le
niveau de la production régresse,
pendant que les PME sont menacés dans leur existence.
Il ne s’agit
pas à proprement parler de «
délocalisations », mais de stagnations
d’investissements ici pour réserver
là-bas les capitaux aux opérations
les plus rentables.
Si bien que, au même moment,
les
salariés du papier sont frappés dans leur emploi
: la première vague
détruit un pourcentage important de postes, la
deuxième vague, celle à
venir des concentrations, risque d’être
meurtrière pour les salariés du
secteur.
Comment
réagir ?
De belles luttes sont menées, mais des réponses
s’imposent à des problèmes
brûlants :
- Comment empêcher les patrons de mettre en
concurrence les sites de production et les salariés ?
- Comment créer, et sur quelle base, de
nouvelles solidarités qui
s’opposent efficacement à la stratégie
de sous-investissement de grands
groupes, lesquels décernent des brevets de survie ou
délivrent des
bulletins de décès aux usines de leur choix ?
- Comment admettre,
alors que les marchés existent, qu’ils soient
négligés pendant que
l’opinion réclame de plus en plus des
matières respectant
l’environnement, ce à quoi le papier peut
répondre sous de multiples
formes.
- Comment tolérer que le
ministère de l’Industrie soit aux
abonnés absents, et reste spectateur de la
réduction de la filière
papetière aux ordres mondialistes ?
La démarche globale que
la FILPAC a adoptée est la suivante : pour créer
les solidarités entre
salariés d’un même groupe, pour mettre
en évidence les richesses
potentielles du marché, pour placer devant leurs
responsabilités
patrons et pouvoirs publics, elle organise au plan des grands bassins
papetiers et à l’échelle nationale des
assises papetières, réunissant
le temps du débat les protagonistes de la filière.
Cette démarche culminera les
9 et 10 novembre à Paris par les assises nationales. Elle
devrait déboucher sur l’adoption d’une
charte nationale de la filière,
qui servira d’objectif aux mobilisations nationales, en
défense de
l’emploi et des industries, que la FILPAC veut construire.
Cette
démarche, rassemblant toutes les équipes
syndicale des entreprises
papetières, a un tel impact que les directions
d’entreprisesviennent débattre lors de ces
assises, et qu’à l’Assemblée
nationale,
un rapport (UMP) a fait adopté ses analyses et conclusions
sur la
filière papetière, rapport qui n’aurait
jamais vu le jour sans la
démarche FILPAC. Mais qui, à ce jour, reste
lettre morte.
Donc, les mois qui viennent seront ceux
de la contre-offensive sur l’emploi papetier.
Distribution NMPP
Dans
l’un des centres des Nouvelles Messageries de la Presse
parisienne,
Combs-la-Ville (près de Paris), les questions de fonds en
matière de
distribution des quotidiens et des publications sont posées.
Car c’est
l’historique loi Bichet, née à la
Libération, que les libéraux veulent
contourner.
Cette loi, si elle reconnaît
la liberté pour un
éditeur de se faire distribuer comme il l’entend,
crée un cadre
coopératif si plusieurs éditeurs veulent ensemble
procéder à la
distribution de leurs titres. Elle a été faite
pour retirer à Hachette
le monopole de la distribution.
Cette loi, toujours en
vigueur, les responsables du groupe Hachette-Lagardère,
opérateur des
NMPP bien qu’y étant minoritaires,
créent les conditions de son
contournement tout en jurant qu’ils y sont
attachés à jamais. Ce qui
est d’autant préjudiciable, que les NMPP ont mis
en place un système de
péréquation des coûts de distribution
qui corrige les inégalités de
capacité financière des éditeurs, plus
ou moins riches.
Pour ce qui concerne
Combs-la-Ville, l’outil industriel
particulièrement performant est tout bonnement
contourné par la direction, qui devrait y traiter les
publications, télévisuelles, hebdos people,
hebdos politiques, mensuelles de divertissement, mensuelles de culture
générale, les étrangers, les produits
à forte valeur faciale. La direction
préfère contourner Combs par un atelier digne du
moyen âge quant aux conditions de travail à
Saint-Fargeau, et par Servon.
Pour ce qui concerne la
stratégie de Lagardère, elle consiste
à réduire au minimum le nombre de
dépositaires, et recentrer son activité sur
l’exploitation du réseau informatique.
Défendre Combs revient à défendre le
groupage, la fonction même des NMPP, et la loi Bichet qui la
sous-tend.
Pour cela, les élus et
mandatés CGT ont élaboré un projet
industriel qui circule actuellement pour approbation dans le personnel.
Pour être tout à
fait franc, l’une des difficultés ne vient pas
seulement des menées libérales. Elle vient de
l’intérieur de la CGT, car à
l’encontre d’élus de la section CGT des
Messageries, une « procédure de
révocation » a été
demandée par le syndicat en raison de «
désaccords ». Cette révocation ne
s’appuie pas sur les statuts de la CGT, mais sur un article
du Code du travail, qui implique que le syndicat demande à
la direction qu’elle procède à un vote
des salariés du collège où ont
été élus les
délégués. Ce vote nominatif, par
correspondance, sous contrôle d’un huissier, en
pour ou contre la révocation (autant de votes que de
délégués
révoqués) doit réunir
50 % de pour du collège, plus une voix. Ce vote concerne
donc aussi bien les syndiqués que les autres.
La
FILPAC et son UFICT font tout pour faire progresser le projet
industriel CGT porté par les élus de Combs, et
faire en sorte que la procédure de révocation ne
frappe pas mortellement la CGT à Combs et
n’éclabousse pas la CGT tout entière.
Presse 1
Les facéties du sapeur
Hocquart de Turtot, épisode 1. Hocquart de Turtot est
secrétaire général du syndicat
patronal de la presse quotidienne régionale. Responsable de
la délégation patronale à cet
échelon, issu du groupe Ouest France.
Le 10 octobre, il signe deux lettres.
L’une adressée à Michel Muller,
secrétaire général de la FILPAC. Il y
accuse réception de l’adhésion de la
fédération à la convention collective
des journalistes. Mais, ajoute-t-il, « nous
étudions actuellement la validité et les
conséquences éventuelles de cette demande
d’adhésion. » Entre nous,
l’adhésion remonte au 6 juillet… Ce
n’est pas là qu’il faut rire.
Non, le secrétaire
général des patrons de presse estime en son droit
d’étudier « la
validité… de cette demande…
» Mais la FILPAC ne demande rien au SPQR en la
matière. Donc, notre avocat l’a mis en demeure,
par accusé de réception, non
d’étudier, mais d’enregistrer
l’adhésion en bonne et due forme. Et de rapporter
la réponse faite en ce sens aux adhérents du
syndicat patronal.
Car, ce même 10 octobre,
l’Hocquart en question écrivait au directeur du
Bien Public (Dijon) et sous-directeur du Journal de
Saône-et-Loire (Châlon) : « Je vous
confirme que la représentation de la CGT au sein des
entreprises de PQR, dans la négociation collective relative
aux journalistes professionnels revient au SNJ-CGT. La FILPAC CGT
n’est pas représentative de cette
catégorie de personnel. »
Remarque perfide
: qui donc a soufflé cette réponse,
splendide, à Hocquart ? Qui répond gagne un
abonnement à vie à Impac.
Remarque
syndicale : l’action en justice
n’est pas loin, et aucune organisation FILPAC en PQR ne
tolérera que ce genre d’interprétation
abusive, au bord de la discrimination et de l’entrave,
conduise les directions à
« oublier » de les convoquer aux
réunions concernant le champ couvert par la convention
nationale des journalistes. Quoi qu’en pense le SPQR. Et ses
mauvais génies.
Presse 2
12 octobre au soir : les centres
d’impression de la presse quotidienne nationale, de paris, de
banlieue et de province, s’arrêtent, juste le temps
pour les militants FILPAC d’exiger que se tienne dans les
meilleurs délais cette réunion qu’ils
demandent depuis des mois : une réunion nationale de tous
les éditeurs de presse quotidienne d’information
générale, qu’elle soit payante et
gratuite.
Le but de cette réunion
nationale : mutualiser les moyens d’impression afin que les
petits titres, comme Libération, ne soient pas contraints de
fermer, et de façon que les gratuits d’information
passent par les mêmes filières que ceux de la
presse payante.
L’accumulation de gratuits est
telle qu’ils constituent à la fois une charge de
travail précieuse et un danger. Danger de contourner le
cadre mutualisé des moyens, et, en concurrençant
sauvagement les payants, de se tailler des coûts de
fabrication à la baisse sans fin.
Cette demande de grouper autour de la
même table payants et gratuits est d’autant plus
légitime que, très souvent, les
éditeurs de payants font des gratuits : Ouest France et 20
Minutes, Le Monde et Bolloré pour un futur gratuit du matin,
Lyon Plus et le Progrès, La Povence et Marseille Plus, 20
Minutes et la Dépêche du Midi.
Sans parler de Metro et TF1…
Il semble bien que le message soit
entendu et qu’on trouve dès les premiers jours de
novembre tout le monde, avec la FILPAC CGT, autour de la table de
l’impression décentralisée.
La
Filpac, Montreuil
20 octobre 2006