Pour
la première fois depuis le début de la
révolution industrielle au XIXe
siècle, les jeunes générations vivront
moins bien que leurs parents.
Jusqu'alors,
les travailleurs salariés avaient réussi, par des
luttes constantes, à
améliorer de génération en
génération leurs conditions de vie.
Aujourd'hui, nous vivons une période de reculs permanents :
• Les
emplois sont menacés, les plans sociaux se
succèdent
• Le chômage augmente mais son ampleur est
camouflée par des statistiques truquées
•
La précarité se développe : 80 % des
nouveaux emplois sont maintenant
des CDD ; des millions de personnes sont contraintes à des
temps
partiels qu'elles n'ont pas choisis ; pour ceux-là il
devient
impossible de faire des plans sur l'avenir.
• Le logement
devient de plus en plus cher ; des centaines de milliers de logements
sociaux nécessaires ne sont pas construits. On voit
même apparaître un
phénomène incroyable : des personnes qui ont un
emploi sont SDF !
•
Enfin, les grands absents des débats de la campagne
électorale auront
été les retraités, qui pourtant
constituent une partie substantielle du
corps électoral. Bien que la France soit l'un des pays
où la
productivité du travail est la plus grande, on nous dit de
travailler
plus ; il faut partir en retraite plus tard, nous dit-on aussi.
Mais combien d'employeurs embauchent des
salariés de 50 ou 55 ans ?
La
régression subie par notre pays se mesure aux propos de
Sarkozy
reprenant les thèmes les plus éculés
des sectes religieuses américaines
sur l'hérédité de la
criminalité !
Tous les acquis obtenus par
des générations de Français en
matière de services publics sont
progressivement en train d'être liquidés pour
pouvoir ensuite justifier
leur passage au secteur privé : le droit à la
santé, l'accès aux soins,
la protection sociale ; les transports sont de plus en plus
saturés et
inadaptés aux besoins d'aujourd'hui. Quant au
système éducatif, les
plans de l'OCDE prévoient leur passage intégral
au secteur public.
Voilà
la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. Beaucoup de
citoyens ont fini par accepter l'idée que cette situation
est
inévitable.
Beaucoup de travailleurs se sont
résignés. Nous,
salariés de la presse, de la communication, sommes bien
placés pour
percevoir les méthodes insidieuses de persuasion de masse
utilisées par
les détenteurs du capital, par le pouvoir, pour convaincre
la
population que les contraintes économiques sont trop fortes
pour que
l'action politique puisse les changer.
Il faut faire barrage au
candidat de droite. Mais quel que soit le candidat qui sera
élu, les
ouvriers du Livre, les employés, les journalistes et les
cadres de la
presse et de la communication n'auront qu'un seul moyen pour imposer
leur point du vue sur les problèmes de charge de travail,
sur la
modernisation des outils de production, sur les problèmes de
la
distribution, de l'emploi, sur la politique salariale, sur la
précarité, sur la sécurité
sociale professionnelle. Ce moyen, c'est
l'organisation syndicale, c'est la mobilisation, c'est
l'unité sur des
objectifs clairs.