Déclaration
Nicolas Sarkozy est désormais le nouveau
président de la République.
Celui
qui veut incarner le renouveau de la droite, probablement par ses
coÌ[not equal]tés les plus extrêmes, n’a pas
hésité au sortir des élections
à
proposer ses services à la Communauté
européenne : le nouvel ami des
Etats-Unis prétend pouvoir représenter le pivot
entre l’Europe et les
USA ; il serait en quelque sorte le remplaçant de Tony Blair
qui arrive
en fin de mandat. De ce point de vue, les objectifs qu’il
veut fixer à
son nouveau gouvernement n’ont rien à envier
à la politique des Bush,
Blair et Merkel.
En effet sa feuille de route est claire. Cent
jours pour libéraliser le marché de
l’énergie, remettre en cause
l’âge
de départ à la retraite, supprimer les charges
liées aux heures
supplémentaires (les conséquences que cela aura
sur les cotisations
sociales seront catastrophiques), mettre en œuvre une
flexibilité du
travail en redéfinissant de nouveau contrat de travail... En
décodé,
cela sous-entend la mise à bas de ce qu’il reste
des conventions
collectives et du Code du travail. Il engagera, rapidement, des
réformes sur la représentativité
syndicale qui n’auront pour but que
d’exacerber les divisions entre les organisations et par
conséquent
d’affaiblir le rôle de celles-ci dans les
négociations. A cela, il faut
ajouter l’attaque en règle à
l’un des droits fondamentaux des salariés,
celui de se mettre en grève pour exprimer leur
mécontentement, salariés
auxquels il imposera par la loi, faute d’accord avec les
organisations
syndicales, le service minimum.
Que les riches se rassurent ;
ils pourront léguer à leurs enfants le fruit du
labeur des travailleurs
sans frais de successions !
Pour les salariés de la presse, ce
résultat électoral ne sera bien
évidemment pas sans effet, car cet
homme de tous les pouvoirs, qui depuis toujours a bien
mesuré ce que
sont les enjeux de la communication, ne manquera pas, encore plus que
ses prédécesseurs, d’exercer un
contrôle sur les médias et d’avoir
à
l’égard des Vincent Bolloré, Serge
Dassault et autres Lagardère une
écoute excessivement attentive.
Ainsi, comme dans l’ensemble
des branches d’activités, les salariés
de la communication doivent se
préparer à répondre aux attaques
anti-sociales sans précédent que ce
nouveau gouvernement leur prépare. Les prochaines
élections
législatives doivent être l’occasion
pour tous les travailleurs
d’exprimer leur attachement à la
démocratie et au principe de
solidarité qui doivent continuer de caractériser
le mouvement des
salariés de la presse. Ce doit être
l’occasion de surmonter les
divisions syndicales et de bâtir une unité
indispensable, pour faire
face à la déferlante libérale que leur
promettent les nouveaux tenants
du pouvoir.