CGT-SPPS
Syndicat Filpac-CGT de la SPPS
"Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles." Oscar Wilde

 



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La presse pour les nuls

Quel avenir
pour la
Presse quotidienne
en France ?


 

 

vendredi 16 novembre 2007
 


Fédération des Travailleurs des Industries du Livre, du Papier
et de la Communication CGT
263, rue de Paris - case 426 - 93514 MONTREUIL CEDEX -
Tél. 01 48 18 80 24 Fax 01 48 51 99 07 - 01 48 18 81 52
Site Internet : filpac-cgt.fr


Projet NMPP :

force doit rester à la loi Bichet !


Sous le titre « perspectives économiques, logistiques et sociales des NMPP », le document de la direction des NMPP, fourni au comité central d‘entreprise le 13 novembre, révèle un projet de réorganisation de très grande ampleur.

En quoi la direction des NMPP est-elle légitime pour s‘émanciper de la loi, en l‘occurrence celle du 2 avril 1947, dite loi Bichet, qui a créé en son titre II, articles 17 et 18, un conseil supérieur des messageries de presse ?

En quoi peut-elle prétendre que la réorganisation majeure qu‘elle préconise peut échapper à un examen paritaire pratiqué au sein du conseil supérieur des messageries ?

Pourquoi, d‘elle-même, cette direction des NMPP n‘a-t-elle pas saisi cette instance supérieure, prévue pour « faciliter l‘application de la présente loi », pour procéder de la sorte ?

Il faut ramener la loi dans la gestion industrielle, économique et sociale des NMPP. C‘est ce que la FILPAC CGT se propose de faire en demandant une réunion des plus urgentes du conseil supérieur des messageries, qui serait ouverte à l‘ensemble des organisations syndicales représentatives.

La vaste réorganisation préconisée par la direction des NMPP a des conséquences multiples, tant à Paris qu‘en région, pour les centres du niveau 1, ceux du niveau 2, mais aussi pour les ARM et les tous dépositaires. En fait, tous les personnels ayant une activité relevant du domaine de la distribution de la presse sont concernés.


C‘est pourquoi la FILPAC CGT convoque une réunion des équipes syndicales concernées, de telle manière que le projet de rupture de la direction des NMPP connaisse une réponse syndicale unitaire à la hauteur des enjeux, tant sur l‘emploi que l‘existence des dépôts, des ARM, sur les relations Presse-Poste, etc.

C‘est un pan entier de la liberté de diffusion de la presse, prise sous l‘angle de la péréquation des coûts, qui est désormais sur la sellette.

Voilà qui nécessite le rassemblement de toutes les forces de la FILPAC CGT afin de mettre au point dans l‘unité la riposte qui s‘impose.


Montreuil, le 15 novembre 2007

12:32:05 PM    commentaire(s) []

Bercy, jeudi 15 novembre 2007 : déclaration de Michel Muller devant l’immeuble du "ministère Lagarde", où se tenait le colloque patronat/gouvernement sur l’avenir de l’imprimé.




Chers camarades,

Merci d’être là en cette situation si particulière, marquée par les grèves RATP, EDF, GDF, SNCF… De plus en plus de salariés expriment leur mécontentement et exigent de voir leurs problèmes traités par le haut et non pas par un nivellement des acquis sociaux. Et c’est une première : pour la première fois, nous nous mobilisons autour d’objectifs concernant le numérique.

Même si cela nuit à la dimension nationale que nous voulions donner à notre rassemblement, nous exprimons toute notre solidarité aux salariés qui luttent pour les régimes de retraites car c’est le système tout entier qui est visé.

Merci d’être là, car vous avez bien compris que c’est de vous, de nos emplois, de nos acquis sociaux que ceux de Bercy, patrons et gouvernement, vont parler en catinimi…

Nous exigeons la transparence et nous sommes là pour que la vérité apparaisse.

Ce rassemblement, nous l’avons organisé pour que les pouvoirs publics comme les patrons comprennent définitivement une chose : il n’y aura pas d’avenir des entreprises de communication et d’information sans les salariés et leurs représentants syndicaux. On ne peut prétendre parler d’avenir si on exclut a priori les questions sociales. Or les organisateurs du présent colloque ont sciemment exclu les organisations syndicales, des travaux préparatoires. Cette exclusion constitue pour la Filpac un flagrant délit des intentions réelles de certains employeurs.

Voilà des années que ces employeurs et les pouvoirs publics s’acharnent à rendre l’emploi des salariés de l’information, de la communication et du papier responsable des problèmes rencontrés. De plans sociaux en destruction de postes de travail, de précarité en restructurations, qu’avez-vous fait, messieurs les employeurs, sinon justifier vos errements stratégiques ? Et maintenant, vous voudriez vous réunir en rond, au chaud, ici, à Bercy, pour continuer comme de rien n’était ? Et ajouter, par-dessus le marché, une stratégie qui établirait, par postulat, la vérité libérale première : « le futur de l’imprimé et du numérique passe par le rejet de tout contrat social ».

Le numérique n’est pas le fléau que vous voulez présenter : il peut être au contraire facteur de progrès, de diffusion des connaissances et de l’information, et bien sûr d’évolution professionnelle. Le numérique peut être un vecteur de développement de l’information, d’interactivité sans précédent avec, notamment, un nouveau lectorat, qui considère Internet comme un espace de liberté, et singulièrement de liberté d’expression.

Non à la confiscation du numérique


Nous nous opposons à une confiscation du numérique, réduit à un rôle subalterne au service de groupes dominant la nouvelle planète de l’information et de la communication. Le numérique ne doit pas être le cheval de Troie du libéralisme. Le numérique peut être une formidable opportunité pour promouvoir à un niveau jamais atteint les échanges culturels, la diffusion d’informations, les débats citoyens. Il peut contribuer à secouer les vieilles dynasties de l’information, et vous voudriez le réduire à une arme absolue contre toute relation sociale civilisée ?

La Filpac, son histoire, ses syndicats, les salariés qui lui font confiance, sont une conscience historique, organisée, de l’information et de la communication. Nous avons connu d’autres révolutions technologiques, et nous sommes toujours présents, résolus et déterminés à le prouver tous les jours. Il en sera de même pour la révolution numérique en cours. C’est forts de cette expérience unique que nous disons haut et fort : l’option stratégique du tout numérique, opérée par le groupe Lagardère, est une erreur, pire, une faute lourde. Il y a place et pour le papier imprimé et pour le numérique, à la double condition que chaque média développe son rôle particulier et spécifique, et que la complémentarité entre ces deux soit la référence. Qui détient la vérité future, le modèle économique traditionnel ou le modèle économique reposant ce qu’on nomme à tort la gratuité ? Il n’y aura pas de modèle économique sans modèle social, voilà ce que nous sommes venus dire ici, et faites-nous confiance : vous nous retrouverez à chacune de vos rencontres dans les semaines et les mois à venir !

Ce qui est déterminant pour les salariés, adhérents et militants de la Filpac, c’est que la technique mise en œuvre doit être utilisée au service de l’information, de la communication, et non l’inverse. Les salariés de l’information et de la communication, du papier et de la publicité ne sont pas là pour remplir les tuyaux informatiques au service de leurs heureux propriétaires. Sinon, les maîtres des tuyaux seront les maîtres de l’information, et le langage informatique prendra le pas sur la langue librement choisie de l’information. Que l’on choisisse le média papier imprimé ou le média numérique, la question est la même : c’est l’intention éditoriale qui doit rester maître d’œuvre. Le numérique doit être l’assistant de l’intelligence humaine, et non l’argument libéral pour achever la marchandisation de l’information et de la communication.

Des centaines d’emplois menacés aux NMPP :

la Filpac refuse le plan Pfimlin


De ce point de vue, la stratégie Lagardère concernant l’imprimé continue de faire des dégâts, avec une désinvolture insupportable. Parce que ce groupe dominant choisit le tout numérique, alors il s’en prend au système de distribution de l’imprimé, journaux et périodiques. Avant-hier a été annoncé un plan aux NMPP. Des centaines d’emplois sont menacés, et pas seulement à Stains ou à Combs-la-Ville, mais également dans les ARM et parmi les personnels des dépôts de presse. Au nom du dogme libéral selon lequel il faut en finir avec ce qui a été édifié à la Libération, au nom du marché, les opérateurs NMPP se replient sur le réseau numérique et font un grand pas en avant vers la liquidation de fait de la loi Bichet, la caractéristique coopérative de la distribution en la contournant tout simplement.

Il y a là une attaque de fond contre la presse imprimée, et le système de péréquation des coûts de distribution, qui sont une garantie du pluralisme, inscrit dans la constitution de la République. L’emploi est en jeu, la Filpac doit réagir :  tout en respectant les décisions des organisations syndicales fédérées, elle se propose de réunir, de toute urgence, son secteur fédéral Distribution pour établir, avec l’ensemble des équipes syndicales concernées, les mesures à prendre pour traiter à la hauteur qui se doit le plan qui frappe la distribution en plein cœur.  La fédération s’adresse au conseil supérieur des Messageries pour qu’il siège immédiatement, car le niveau de restructuration des NMPP est tel que cette instance est directement concernée et doit se prononcer.

Notre congrès qui vient s’achever a été très clair : les salariés de la Distribution exigent le maintien du système de péréquation des coûts de distribution, garant du pluralisme de l’information imprimée. Ils exigent des négociations portant sur l’avenir de cette distribution et des emplois qu’elle comporte. Avec les salariés du Niveau 2, les syndicats exigent :

  l’ouverture immédiate de négociations avec les donneurs d’ordres, les organisations syndicales des salariés, les employeurs et les organisations patronales pour élaborer une nouvelle convention collective garantissant un statut social comprenant notamment, la reconnaissance de la pénibilité et donc un droit à la retraite anticipée pour les personnels concernés, l’accès aux caisses sociales professionnelles, le droit à la formation, une sécurité sociale professionnelle. Les syndicats exigent de plus que leur fédération soit partie prenante comme interlocuteur syndical dans tous les projets de restructurations afin que dans toute fusion la question sociale soit primordiale et donc prioritaire.

Voilà ce que notre congrès a décidé, voilà ce que nous allons mettre en œuvre.

La FILPAC CGT, à l’occasion de ce colloque des 15 et 16 novembre, déclare qu’elle milite pour des assises nationales du papier imprimé et du numérique. Opposée à toute méthode du passage en force, la FILPAC CGT revendique de vraies assises nationales ouvertes à tous les acteurs, industries graphiques, papetières, éditeurs, donneurs d’ordre, professionnels des techniques numériques, publicitaires, professionnels de la distribution (dont la logistique de distribution de l’écrit) syndicalistes, institutions représentatives du personnel, pouvoirs publics… De telles assises nationales fourniront le cadre ouvert, transparent, démocratique aux nécessaires échanges sociaux, cadre qui fait défaut de manière flagrante aujourd’hui.

Que de sujets lourds doivent être traités…


  • Concentrations nouvelles ? Quebecor et Roto Smeets se marient. Qui a racheté l’autre ? Nous avons combattu Quebecor dans sa volonté de tuer des entreprises et des emplois, il récidive en créant, avec des capitaux néerlandais un groupe européen à vocation hégémonique, sans se soucier le moins du monde des conséquences sur l’emploi. C’est inacceptable. Le 3 décembre, à Lima, se tiendra, organisée par l’UNI, une coordination Quebecor mondiale, qui contribuera à organiser la riposte nécessaire.
  • Convention collective du Labeur ? Les discussions s’enlisent, tournent en rond dans les commissions techniques… Nous voulons mener campagne pour que ces négociations deviennent réalité. Sans quoi, ces réunions apparaîtront comme autant de diversions servant un plan de restructuration qui se met en place ailleurs, à l’abri des regards des salariés et des organisations syndicales.
  • Concentration de la Presse ? La Filpac appuie les camarades de la Tribune et Les Echos. La Filpac estime que la lutte est exemplaire des problèmes de la presse : des capitaux s’investissent, émanant de groupes qui regardent le respect de la liberté éditoriale et le pluralisme de la presse comme de charmantes valeurs désuètes, qui ne les concernent en aucune façon.
  • Presse nationale encore ? Demain se tient une réunion importante pour l’avenir de l’impression décentralisée. Là aussi la question de l’emploi, du statut et de l’avenir de la presse est posée de manière concomitante. Le système d’impression doit rester mutualisé, nos interlocuteurs sont avant tout les éditeurs. S’ils se désengagent, les éditeurs se tirent une balle dans le pied !
  • Presse quotidenne régionale ? Ouest France, Ebra, Hersant, Centre France, 4 des rares groupes de la PQR qui contrôlent la presse régionale. D’énormes enjeux sont au cœur des négociations dans ces groupes. Mesurons le danger. Entreprise par entreprise, il faut négocier, comme à l’échelle des groupes. Mais la branche là-dedans ? Le risque est grand de voir s’affaiblir les conventions collectives et donc la défense collective des travailleurs de toute la branche. Exigeons une réunion avec le SPQR pour discuter de la couverture conventionnelle de l’ensemble des emplois et métiers qui font la presse support papier et écrit.

D’autres mobilisations sont à avenir, à commencer par l’une des questions les plus brûlantes du moment celle des salaires : comment négocier désormais sur la base d’un indice INSEE discrédité ? Comment ne pas formuler des revendications salariales en regard d’un taux d’inflation, qui, réellement mesuré, dépasse de très loin les quelques pourcentages envisagés pour l’année en cours ?

Voilà notre menu syndical, et il n’est pas exhaustif. Alors, comme nous le disons si bien, mes camarades, ce n’est qu’un début, continuons le combat !

Michel Muller, le 15 novembre 2007


8:47:18 AM    commentaire(s) []


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