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Fédération
des Travailleurs des Industries du Livre, du Papier
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Plan
NMPP
propositions
et revendications
Le
SGLCE, sa section des Messageries et la FILPAC CGT ont tenu ce vendredi
14 décembre une réunion pour examiner la nature
du plan NMPP 2007 -
2010 et ses conséquences sur la distribution de la presse et
sur
l‘emploi.
Ils déclarent ensemble
ce qui suit.
1.
Le plan « Défi 2010 » des NMPP met
gravement en cause la lettre et
l‘esprit de la loi Bichet. Il représente une
rupture avec les
fondamentaux de cette loi.
Les
gros éditeurs s‘entendent à contourner
la loi Bichet par une entente
entre eux, consistant à réorganiser la
distribution de la presse selon
les principes du libéralisme.
Il s‘agit bien par ce plan d‘en
finir avec les principes de solidarité des titres entre eux,
quelle que
soit leur force économique. Ce plan remet en cause la
liberté d‘accès
au réseau de distribution, conçu pour aider,
soutenir et promouvoir la
vente de la presse.
Si ce plan devait être appliqué,
seraient remis en cause les principes
d‘égalité de traitement des
titres, et l”impartialité de ce traitement.
Les citoyens devraient
renoncer à leur droit de se procurer le titre de leur choix,
quel que
soit leur lieu de résidence sur le territoire national.
Le
pluralisme de la presse, dont le fondement matériel repose
en
particulier sur l‘actuel réseau universel de
distribution, serait
gravement mis en cause.
Les éditeurs réputés petits ne
disposeraient plus des moyens matériels de diffusion que
leur apporte l‘actuel réseau.
Les Agences régionales de messagerie verraient remise en
cause leur capacité d‘assurer le groupage des
quotidiens nationaux.
Une espèce de couverture de distribution minimale serait
assurée le long des grands axes de circulation.
En dehors de ces axes majeurs, c‘est la loi du coût
maximum qui s‘appliquerait.
Une distribution à plusieurs vitesses serait en train de
voir le jour.
2. L‘argument de
rationalisation de la logistique n‘est qu‘un
prétexte
L‘opérateur
principal, Lagardère, par le présent plan, veut
renforcer son contrôle
sur l‘ensemble de la chaîne, en particulier sur les
30 000 points de
vente. L‘objet de son opération consiste
à contrôler les points de
vente via les dépositaires qui représentent la
majeure partie du
chiffre d‘affaires.
Le plan « Défi 2010 » conduirait les
NMPP à changer de nature. Les Messageries deviendraient une
simple
entreprise de gestion des flux informatiques, logistiques et
financiers. L‘objet de cette entreprise serait
ramené à une simple
opération marchande.
Le démantèlement commencerait par le
premier maillon de la chaîne, le Niveau 1, palier essentiel
du
groupage des titres, tel que défini par la loi
Bichet. L‘emploi des
salariés à statuts des entreprises de ce niveau
est fortement attaqué.
Ce statut est d‘ailleurs l‘un des objectifs
réels du plan « Défi 2010 ».
Les
collectifs de travail et leur organisation syndicale, garants de
l‘application de la loi Bichet, seraient ainsi remis en
cause, ce qui
constitue l‘une des cibles principales du défi en
question.
Les
conséquences de la remise en cause du Niveau 1 se
propageraient sur
l‘ensemble de la chaîne, et affecteraient tous les
salariés, ceux des
dépôts en particulier.
La réduction programmée du nombre de ces
dépôts à 135 démultiplie les
conséquences sur les emplois de tous.
Ainsi
ce plan obéit à une logique de rupture avec
l‘actuel système coopératif
de distribution. Si tous les éditeurs ont très
largement bénéficié d‘un
tel système, quelques-uns d‘entre eux
considèrent qu‘ils détiennent
dorénavant et le pouvoir et la
légitimité de remettre en cause le
système précédent.
3.
Propositions et orientations de la CGT
La
FILPAC CGT, le SGLCE et sa section des Messageries dénient
à la
direction de l‘entreprise l‘ambition de leur faire
jouer un simple rôle
de négociateur des dégâts sociaux que
le présent plan engendrerait.
Le Niveau 1, celui du groupage et de traitement des quotidiens et
périodiques, doit être maintenu.
D‘une
part, doit être garantie l‘existence d‘un
centre national de traitement
des publications, employant des salariés au statut actuel.
D‘autre
part doivent être maintenues des entités
« Agences Régionales de
Messagerie » qui ont pour mission de grouper
l‘ensemble des titres de
la presse quotidienne nationale, à Paris comme en
région.
La charge de travail d‘un tel centre doit être la
suivante :
- palettes homogènes ;
- traitement des petits titres et des appoints ;
- traitement des titres étrangers ;
- produits à haute valeur ajoutée
(DVD,
livres…)
- réassort national.
Le
Niveau 2, celui des dépositaires, doit être
examiné du point de vue de
l‘adaptation des réseaux à la demande
des lecteurs, et non pas
exclusivement selon une rationalisation qui aurait de graves
conséquences sur l‘emploi, à hauteur de
celles qui menacent le Niveau 1.
En
conséquence :
- Il
est décidé de demander au Conseil
supérieur des Messageries de presse
et au conseil de gérance des NMPP une entrevue des plus
urgentes afin
qu‘une véritable négociation
s‘engage sur tous les aspects de la chaîne
de distribution ;
- Le statut des salariés du Niveau 1
n‘est pas
négociable. Il ne peut être traité que
du point de vue de son
extension. Les salariés du Niveau 2 doivent à
cette occasion bénéficier
d‘une convention collective et d‘un statut
inspirés de ceux du Niveau 1.
- Un
centre national de traitement des publications, dont la charge de
travail est définie plus haut, employant les
salariés des NMPP, doit
être constitué.
- Le maintien d‘entités de
groupage des
quotidiens nationaux (ARM) doit être acquis.
- Ces revendications et bases de négociation
font
l‘objet d‘une campagne nationale.
Un
groupe de travail, ouvert à tous ceux qui sont en accord
avec cette
analyse et ces objectifs, est constitué pour mener
à bien ces tâches.
Il matérialise le souci partagé de
l‘unité et de la solidarité entre
salariés des Messageries et de la distribution de la presse.
Montreuil, le
vendredi 14 décembre 2007
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