Mercredi
6 février 2008
1er
congrès du SIP-CGT
Intervention
de la CGT-SPPS
Mes chers camarades,
J’aimerais, pour commencer, souligner l’importance
que
revêt pour notre syndicat le fait d’avoir
été
invité à assister au premier congrès
du SIP et de
pouvoir y intervenir.
Déjà parce que les espaces
où il n’y a
pas d’opposition systématique à notre
libre
expression… ou même à notre simple
présence… se font rares !
Mais surtout, en raison des liens qui se sont
tissés entre
nous au fil des treize dernières
années, et qui se
sont renforcés négociations après
négociations, conflits après conflits : le
conflit du
Parisien, la guerre des gratuits et la bataille des NMPP…
pour
ne citer que les plus importants.
Cela fait donc treize ans déjà,
que nous avons
décidé, et bien avant que cela ne devienne un
slogan
confédéral, d’être
“acteurs et
décideurs” au sein de notre organisation syndicale.
Avec nos camarades correcteurs - sans
l’hébergement
desquels les choses auraient été encore beaucoup
plus
difficiles ! – nous avons fait vivre le Comité
inter,
laissé à l’abandon à
l’époque
par les partisans du syndicat unique, en nourrissant le projet de
reconstruire, sur les fondations historiques de cet Inter, une
structure régionale CGT forte et pérenne. Et
c’est
bien ce que nous avons réussi à faire
jusqu’en
2003…
En 2003, confronté a l’offensive patronale
menée
par Yves de Chaisemartin, le Comité inter dit «
historique
» a entrepris une rénovation de ses
structures, dans
le but de gommer son fonctionnement catégoriel, devenu
largement
inadapté.
Pour ce faire, nous avons imaginé de
créer une
nouvelle structure régionale, basée sur
des
sections d’entreprises multi catégorielles,
regroupées au sein de trois syndicats de filières
de
métiers (édition, impression, distribution), les
aspects
régionaux étant confiés à
une union
syndicale de type CILP regroupant ces trois syndicats locaux.
L’adhésion de la Chambre
typographique parisienne
à notre projet et la création
d’Info’com-CGT
ont marqué le début de cette reconstruction. La
création du Syndicat des imprimeries parisiennes par la
section
des imprimeurs rotativistes quelques mois plus tard a ensuite
confirmé le renouveau de l’Inter. Le seul secteur
à
n’avoir toujours pas créé son syndicat
est le
secteur de la distribution… pour des raisons que vous
connaissez
bien et sur lesquelles je ne m’étendrais pas
aujourd’hui mais qui, malheureusement, risquent de perdurer
encore quelques temps, et d’autant plus que la mise en
œuvre du plan « défi 2010 »
des NMPP ne
favorisera sans doute pas le retour à
l’unité
syndicale dans ce secteur.
Loin de nous, néanmoins,
l’idée
d’abandonner notre projet commun alors qu’il
continu de
progresser à grands pas !
Dans les rédactions, le travail effectué par les
Typos et
les Correcteurs au sein du Comité inter afin de rapprocher
leurs
points de vue commence à porter ses fruits, et la
syndicalisation de cadres, d’employés et de
journalistes
au sein d’une seule structure d’entreprise dans les
sièges éditoriaux devient une
réalité.
Certains diront que le nombre de ces nouvelles
adhésions
reste limité, prouvant que le projet des syndicats de
filières de métiers est voué
à
l’échec.
Ils se tromperaient. L
e bilan actuel est au
contraire très
positif parce que la première étape a
été
franchie et qu’elle démontre la
faisabilité de la
démarche.
Dans le secteur de la distribution, le problème est tout
autre.
il ne s’agit plus de convaincre les salariés
d’entreprises où nous sommes
déjà
présents syndicalement.
Non. Il s’agit désormais de
conquérir de
nouvelles positions à l’extérieur de
nos
entreprises « protégées ».
En effet, un grand nombre de travailleurs en souffrance,
non
syndiqués, distribuent de la presse à Paris et sa
grande
couronne.
Ces travailleurs isolés sont
exploités : ils
travaillent, tous les jours et toutes les nuits, en dehors de toute
règle sociale… et ce, à seulement un
jet de pierre
de nos ateliers. Et pourtant ce sont les journaux que nous fabriquons
et que nous imprimons qui passent entre leurs mains…
Qu’ils travaillent dans les
dépôts banlieue pour
le niveau 2, sur des bouts de trottoirs à peine
protégés des intempéries pour le
portage de presse
ou à la sortie des bouches de Métro pour la
distribution
des gratuits, ces salariés sont à mille lieues de
bénéficier des statuts des ouvriers du Livre.
Bien sûr, il serait illusoire de
prétendre leur
apporter nos statuts. Néanmoins, parce que le portage de
presse
et le niveau 2 sont en passe de devenir les enjeux majeurs de la
distribution de la presse des prochaines années, il est
important d’y construire un rapport de force qui viendra
renforcer le projet régional.
Dans les imprimeries, le
problème est double : convaincre les
« non-rotos » de l’utilité de
la
rénovation des structures, et élargir le champ de
la
syndicalisation aux entreprises de Labeur de la région
parisienne.
S’agissant de ce dernier point, preuve est
faite, par la
démonstration effectuée dans
l’entreprise qui
imprime désormais France-Soir, que le SIP est bien
l’outil
syndical adapté à cet élargissement de
notre champ
syndical historique.
C’est donc à
l’intérieur même des
imprimeries parisiennes qu’il sera le plus difficile de
convaincre. Espérons que les camarades du SGLCE prendront
conscience suffisamment tôt des enjeux… avant la
disparition d’une partie du parc industriel de
l’impression… et des emplois qui y sont
attachés !
Ce premier congrès du SIP-CGT apporte la
preuve qu’il
est possible de rénover notre structure
régionale, et
qu’il est nécessaire de combattre
l’inertie, et
même la malveillance, de certains qui trouvent plus
«
confortable » de gérer la fin du Livre CGT !
Je vous encourage donc à continuer
d’avancer mes
camarades car, même moins nombreux qu’avant, je
peux vous
assurer que la distribution, du moins ceux que l’on a
longtemps
appelés les PDP, sera derrière vous,
quoiqu’il
arrive, pour finaliser ce que nous avons commencé ensemble !
Vive
la CGT !
Vive
le Comité Inter !
Vive
le 1er congrès du SIP-CGT !