Le nouveau contrat liant les dépôts de presse aux
NMPP rentrera en vigueur le 1er janvier 2007. Ce contrat a
été présenté au Syndicat
national des dépositaires de presse (SNDP) le 21 juin 2006
et a été approuvé par le SNDP
à la majorité avec seulement 6 voix
d’avance.
Ce nouveau contrat prévoit
notamment :
1. La baisse de la
“commission dépôt” avec une
variable d’ajustement ramenée à 0,3 %
(au lieu de 0,6 % dans l’ancien contrat) pour compenser cette
nouvelle baisse de commission. Les critères
d’attribution de cette variable nous sont pour le moment
inconnus mais ils seront sans doute conditionnés aux
objectifs sur taux d’invendus, aux réglages, aux
opérations promotionnelles, etc… Cette variable
d’ajustement sera attribuée (ou non) 1 fois par an
en fin d’année.
Il en résultera sans doute
une détérioration des conditions de travail et
une baisse de la rémunération des
salariés de ces dépôts, principalement
dans les plus petites structures qui sont déjà en
grande difficulté.
La pression psychologique risque également de
s’intensifier sur ces salariés par le
dépositaire en cas de non attribution de cette variable
d’ajustement.
2. Une baisse notable de
la charge de travail puisqu’il est prévu de
ramener le taux de contrôle des invendus à 30 %
des diffuseurs.
Cette mesure va avoir des
conséquence directe sur l’emploi et posera
d’autan plus le problème des reclassements des
salariés du niveau II lors des futurs rattachements
prévus par les NMPP.
3. Une incitation au
départ des dépositaires entrant dans le
critère de la pyramide des âges avec, en plus du
dédommagement qui doit tenir compte de la valeur
patrimoniale du dépôt, une prime maximale de 120
000 euros, si il y a rattachement de la globalité de la
situation.
En conséquence, certains
dépôts vont être obligés
d’accepter les rattachements orchestrés par les
NMPP alors qu’ils sont déjà
surendettés à cause des dernières
modernisations imposées par
l’opérateur. Les NMPP vont donc pouvoir exercer
une pression supplémentaire sur les
dépôts privés et pourraient en profiter
pour rentrer dans leur capital afin d’affermir leur position
dominante sur le niveau II.
La pieuvre verte que l’on
croyait morte depuis longtemps renaît apparemment de ses
cendres dans la plus complète indifférence des
pouvoirs publics (ou pire, avec sa complicité !) et le
secteur le plus juteux de la distribution de la presse n’est
plus loin de tomber entre les mains avides du groupe
Lagardère !
Yolande
Guinle
Tarbes, le 28 juin 2006.