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Déclaration de
la Confédération Générale
du Travail
L’urgence, c’est le social et
la démocratie
Après avoir sous-estimé l’ampleur de la
crise qui
secoue notre pays depuis 10 jours, le gouvernement a
décidé de prendre des mesures
d’exception pour
assurer le maintien de l’ordre dans un certain nombre de
départements. Cela est dangereux. Le gouvernement fait
fausse
route. Ce n’est jamais en restreignant les
libertés
qu’on assure l’autorité publique. Il
faut
répondre, sans attendre, par le dialogue et la
démocratie
aux urgences sociales dont celles prioritaires liées
à
l’emploi.
Les propos provocateurs du ministre de
l’Intérieur,
l’absence d’ouverture de perspectives et la
réaffirmation de la priorité à la
répression attisent des violences qui se retournent contre
les
populations les plus modestes. En toute occasion, la CGT
défend
les citoyens menacés ou frappés par les violences
d’où qu’elles viennent mais se refuse
à toute
forme d’amalgame et de stigmatisation de telle ou telle
catégorie de la population.
La CGT met en garde contre les tentatives de
récupération
par l’extrême droite qui se développent
sur fond de
crise.
Il n’est en effet pas question de se tromper de
diagnostic.
Cette crise n’est ni celle de l’immigration, ni
celle de la
jeunesse, ni celle des banlieues. Elle est avant tout une crise
sociale, révélatrice des fractures qui se sont
creusées depuis 20 ans, suite aux politiques
menées. Plus
de 5 millions de personnes sont exclues de l’accès
à un véritable emploi alors que les profits
s’accroissent et que les fortunes prospèrent. Ces
familles
cumulent toutes les difficultés sociales
(éducation,
logement, santé… !). Les jeunes sont
confinés dans
la précarité. L’absence de
perspectives, les
inégalités, les discriminations de toutes sortes
minent
l’expression des solidarités.
Quand dans une démocratie, pouvoir et directions
d’entreprise refusent de prendre en compte ce qui
s’exprime
dans les manifestations et dans les grèves, lorsque les
gouvernants refusent d’écouter et
d’interpréter comme il le faudrait des
consultations
politiques, cela nourrit fatalisme, désespérance
et
violence.
D’autres choix économiques et sociaux sont
nécessaires. Le communautarisme social, la constitution de
castes de privilégiés et de ghettos
défavorisés ne sont pas plus acceptables que le
communautarisme religieux. Il s’agit aussi de changer de
méthode. Le passage en force systématique doit
laisser
place au dialogue social réel et à la
négociation.
L’intérêt général
doit
l’emporter sur les logiques de privatisation. Il faut mettre
en
place les conditions d’une véritable
démocratie
sociale et politique qui permette à chacun
d’intervenir
sur les choix qui le concernent.
Face à la crise sociale, l’exigence de
négociations
pour l’emploi, le pouvoir d’achat, la
dignité, la
lutte contre les discriminations, doit s’exprimer plus
fortement.
La CGT se prononce pour une action nationale, interprofessionnelle et
unitaire pour porter ces revendications. Elle s’adresse
immédiatement à toutes les composantes du
mouvement
syndical.
Montreuil,
le 8 novembre 2005.
9:31:15 AM
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Réinventer
France Soir
France Soir est convié au
bal des hypocrites qui versent une larme de crocodile sur son
passé glorieux pour mieux lui signifier un avenir
nécrologique. Pour la FILPAC CGT, la question
posée par France Soir est bien celle de sa survie comme
titre de presse nationale, avec tous ses attributs.
Il faut sauver France Soir, plus un
titre de presse quotidienne ne doit mourir !
La FILPAC CGT en appelle
à tous les éditeurs de presse quotidienne : que
signifie le mot pluralisme si la Profession, et
singulièrement la communauté des
éditeurs, se détourne du sort de France Soir ?
Comment s’orienterait une presse quotidienne
indifférente à elle-même donc
à France Soir ? Elle devrait se contenter du partage de
midi, entre investisseurs industriels ou financiers nationaux, et
groupes de presse des pays voisins qui participent à
l’opération vide-grenier de Serge Dassault ?
Il existe une
responsabilité sociale collective dans la conduite des
titres quotidiens : ou les éditeurs les orientent vers une
grande braderie, ou ils rassemblent leurs énergies, les
conjuguent pour redonner et à France Soir et à la
presse quotidienne un allant propre à la conquête
du lectorat.
France Soir doit être le
symbole d’une reprise de l‘initiative
éditoriale, aux abonnés absents depuis trop
longtemps. L’évaluation des compétences
des dirigeants de la presse quotidienne passe par France Soir. Collecte
des fonds nécessaires, sollicitation des pouvoirs publics
pour une autre cause que la réduction des effectifs
salariaux, mobilisation des imaginations pour bâtir un projet
du futur France Soir, telle doit être la cause commune des
éditeurs et de toute la Profession.
Pour France Soir, tout est encore
possible. La FILPAC CGT, avec tous les salariés du titre,
s’emploiera à lui construire un avenir.
Montreuil,
le vendredi 4 novembre 2005
9:26:31 AM
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