Comité intersyndical du Livre parisien
DECLARATION
Après de longs mois de négociations rendues difficiles par la valse des
dirigeants au sein des conseils d'administration des entreprises de
presse, toutes les composantes du Livre parisien ont signé, le mardi 30
novembre 2004, un accord-cadre professionnel et social dont les
dispositions sont applicables en PQN.
Par cet accord, la communauté des éditeurs s'est engagée à oeuvrer à la
pérennité des entreprises de presse, à garantir un avenir professionnel
aux salariés et à développer l'offre éditoriale et l'investissement.
Le texte définit les modalités de fonctionnement du paritarisme dans
les domaines de la gestion de l'emploi, de la formation
professionnelle et de la protection sociale.
La lettre et l'esprit de l'accord professionnel et social portent une
exigence qui s'impose à tous les éditeurs : retenir puis accroître la
charge de travail. Les incertitudes qui pèsent sur l'avenir du groupe
Le Monde ou sur la Socpresse doivent être levées.
Les concentrations sont toujours le prélude à des cessions ou, pis
encore, à des arrêts de titres (« Aden », « Le Monde Initiatives »), le
Livre parisien veillera, conforté dans sa résolution par l'engagement
qu'il vient de prendre au nom de ses mandants, à ce que rien ne sorte
du périmètre de la PQN. De même, il veillera à ce que « 1 2 3 Pariez »
soit fabriqué selon les règles qui prévalent en presse parisienne.
L'accord professionnel et social, qui est tout sauf un protocole de
dumping social, doit s'appliquer à tous les titres, qu'ils soient
gratuits ou payants. C'est là l'une des conditions du maintien d'une
presse pluraliste dans un environnement où le libéralisme étouffe la
concurrence.
Après une décennie marquée par la division et le fatalisme, il importe
de saisir l'occasion qui nous est offerte, 2004 doit clore la période
d'éclatement inaugurée en 1992.
Il reste à négocier la grille de qualifications et de salaires (avant
le 31 mars) ainsi que le dispositif d'accompagnement professionnel et
social.
En attendant, le Livre parisien exige que le dispositif de la CAATS
soit maintenu jusqu'à la conclusion d'une nouvelle convention.
Il rappelle, en dépit des rumeurs complaisamment répandues par
certaines directions aux abois, que la CAATS est un accord tripartite,
comportant une durée, et qu'il ne peut être dénoncé de façon
unilatérale. Tout accord comporte des clauses de dénonciation (envoi de
lettres recommandées à l'ensemble des signataires, préavis,
impossibilité d'une dénonciation partielle, etc.)
Les syndicats de journalistes, sur la foi d'informations lacunaires
sans doute, se sont émus de l'empiétement possible des ouvriers du
Livre sur leurs prérogatives. Rétablissons les faits. La nouvelle
qualification d'éditeur-réalisateur et l'intégration des ouvriers
metteurs en page dans le périmètre géographique et professionnel de la
rédaction sont " subordonnées à un accord spécifique " discuté entre le
SPP, les journalistes et les ouvriers. A la logique d'affrontement
entre salariés des sièges éditoriaux qui est une voie funeste, le Livre
parisien préfère une logique de convergence, et une défense commune des
intérêts des salariés (défense des conventions collectives, lutte
contre la précarité).
L'installation prochaine des nouvelles plates-formes éditoriales dans
l'espace du prépresse nous impose de prendre langue dans l'urgence et
de définir une stratégie syndicale forte à même de mieux nous défendre
contre les menées " des préparateurs de cerveaux " qui confondent
information et propagande et pensent pouvoir vendre du papier comme
l'on vend des mirages.
Les signataires de l'accord décident, au vu de la situation nouvelle,
d'ouvrir le chantier d'une rénovation de leur structure de coordination
régionale en l'adaptant aux nécessités de l'heure. Il serait bon, à
titre d'exemple et selon des modalités qui restent à définir, que nous
passions à une structure de coordination ayant pour objet la défense de
tous les salariés des entreprises de presse (journalistes,
ouvriers, employés et cadres).
Paris, 6 décembre 2004
8:57:59 PM
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