CGT-SPPS
Syndicat Filpac-CGT de la SPPS
"Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles." Oscar Wilde

 



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La presse pour les nuls

Quel avenir
pour la
Presse quotidienne
en France ?


 

 

mercredi 28 septembre 2005
 




SALAIRES

Sortir nos salaires
de l’impasse

Leur petit jeu est bien réglé.Villepin renvoie le problème des salaires aux entreprises qui,selon ses propos, devraient «se rendre compte qu’un certain nombre de ménages sont en difficulté..»


    LES DIRECTIONS D’ENTREPRISE NOUS RÉPONDENT, SUR LA QUESTION DES SALAIRES, qu’elles ne sont pas en charge de l’économie nationale, qu’elles ne peuvent envisager la question que sous l’angle de leurs résultats comptables, etc.
Bref, Villepin et les employeurs se renvoient la patate chaude, et nous n’aurions qu’à attendre des lendemains qui chantent...
Pendant ce temps, le chômage, la peur de perdre son emploi, la précarité comme insécurité sociale permanente font pression chaque jour davantage sur nos salaires. Nous serions privilégiés d’en avoir un, à écouter ces messieurs. Même les entreprises qui marchent bien profitent du spectre du chômage pour comprimer les salaires.

Il faut sortir de cette impasse.
Nos salaires ne sont pas une récompense au mérite, mais le prix de notre qualification selon les tarifs du marché.  Le pouvoir d’achat toujours sacrifié, ça suffit ! Tous les aspects du pouvoir d’achat reposent sur un transfert des richesses vers les plus riches.

 L’essence ?

Faire le plein est en train de devenir un luxe. Les grands pétroliers, eux, engrangent des bénéfices records. Total, l’un des 5 plus grands, a vu ses bénéfices augmenter de 50% au cours du premier semestre 2005. L’Etat, lui, maintient une pression fiscale sur le litre de carburant à hauteur des 2/3 du prix. Ils s’entendent comme larrons en foire. Villepin trinque avec Thierry Desmaret, le PDG de Total, en l’honneur de l’inflation du prix du pétrole.

 Le logement ?

Inaccessible, tout simplement. Depuis 1998, selon les statistiques officielles, le prix d’achat de logements anciens a augmenté de 70 à 90% dans tout le pays. L’indice officiel des loyers a progressé de 112% dans la même période. Les ménages s’endettent, ceux qui ne sont pas propriétaires ont peu de chance d’accéder à la propriété avant longtemps. La pénurie de l’immobilier fait flamber les prix, pour la plus grande fortune de quelques opérateurs qui spéculent sur la pierre comme hier ils jouaient en Bourse. L’action gouvernementale en la matière ? Aux abonnés absents.

L’impôt ?

L’impôt sur le revenu, selon la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, est défini comme progressif. Villepin vient d’y mettre bon ordre libéral. Sous couvert de «réforme», il plafonne au plus bas l’impôt sur la fortune, afin d’en soulager les 20 000 propriétaires les plus riches, dans la perspective de supprimer cet ISF qui, paraît-il fait fuir les gros bonnets vers la Suisse à la fiscalité plus accueillante. Et en plus Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin se moque de nous. Pour lui, les «couches moyennes» correspondraient à des salaires compris entre 1000 et 3500 euros ! Elles ont bon dos et un plancher bien bas, ces moyennes couches qui, vérification faite avec une calculette, ne profiteront de rien du tout.

La santé ?

D’obscures groupes d’experts décident soudain que quelques centaines de médicaments doivent arrêtés d’être remboursés, parce que, affirment ces supers techniciens, ces spécialités pharmaceutiques ne seraient que des bonbons à la menthe ! Malheur à vous si vous en prenez depuis des lustres. En fait, ils vident la branche maladie de charges, pendant que les laboratoires pharmaceutiques réalisent des profits à peine avouables, notamment avec les «génériques».
Quant aux plus grosses sociétés cotées au CAC 40, elles prennent mille précautions pour ne pas afficher leurs résultats mirobolants. En plus, elles ont accumulé tellement de capitaux qu’elles ne veulent pas investir dans le climat de stagnation économique.
Un exemple ? Arnaud Lagardère !
L’une des premières fortunes de France (merci papa Jean-Luc) domine l’édition, les magazines, la distribution, les missiles et autres babioles de haute technologie militaire (EADS, dont Airbus). A grand renfort de pages achetées dans toute la presse, Lagardère affiche 39% de hausse des bénéfices. Un chiffre d’affaires de 6,1 milliards d’euros. Son seul souci, c’est de savoir quelles chaînes de télé, voire quel titre de presse acheter. Chacun ses petits soucis, hein ?
Les comptes de Quebecor, dans l’imprimerie, de Arjo Wiggins ou International Paper dans le papier, révéleraient quelques cagnottes de belle ampleur.

Revendiquer une hausse  des salaires,
c’est juste, indispensable et urgent !


Devant le gouffre de ces inégalités, face à cette fracture sociale organisée très consciemment, il est légitime de chiffrer nos pertes de pouvoir d’achat, d’évaluer le recul de nos salaires et d’en déduire une revendication. Rassembler toutes et tous autour d’un objectif commun relève de l’hygène salariale élémentaire et représente l’une des tâches les plus urgentes pour la FILPAC CGT.

Combien ?

Il est de salubrité sociale de déterminer une somme à revendiquer qui représente le montant des pertes depuis la mise en place de l’euro. L’indice INSEE, devenu plus fantaisiste que jamais, ne prend pas en compte la hausse réelle des prix, et les salaires, même s’ils ont été affectés d’un pourcentage supplémentaire correspondant à la hausse selon l’INSEE, ont régressé.
D’où l’idée d’avancer une somme à titre conservatoire, comme 100 euros tout de suite, intégrés au salaire, ou 5% immédiatement de progression. Cela correspond à l’urgence sociale, mais le compte n’y est pas.

Ensuite, examiner la correspondance entre qualifications réelles, classifications et salaires représente un exercice des plus utiles. Car non seulement une déconnexion s’est opérée entre prix et salaires, mais également l’individualisation des primes, l’intéressement participation ont brouillé les repères de la juste rémunération des qualifications.

La FILPAC CGT n’avance pas une démarche d’un jour, mais de moyen terme, de façon que les directions d’entreprise soient contraintes de prendre en compte les besoins réels des salariés.

La Filpac Cgt revendique:
  • une augmentation immédiate de l’ordre de 100 euros intégrée au salaire mensuel ; 
  • une négociation par branches pour actualiser les qualifications et leurs rémunérations; 
  • une progression des salaires basée sur l’augmentation réelle des prix; 
  • avec toute la Cgt, un salaire minimum d’un montant de 1400 euros par mois.

EMPLOI

Donner à l’emploi un
statut social prioritaire

Notre société est devenue celle de la peur du chômage, de l’insécurité sociale et de la précarité. Pourtant la loi de la République estime que l’emploi n’est pas une aventure individuelle, une loterie personnelle, mais une affaire de toute la société.

C’est la lettre et l’esprit de la Constitution, dans son préambule de 1946, toujours en vigueur.

«Chacun a le devoir  de travailler et
le droit  d’obtenir un emploi. »

Ce n’est pas cette loi-là qui s’applique tous les jours, mais une pratique qui s’érige au-dessus des lois. Les patrons licencient, voilà l’état de fait. Et c’est toujours l’heure de licencier. C’est l’emploi qui trinque de toutes les manières, que l’entreprise aille bien ou mal, qu’elle délocalise, fusionne, se restructure, que les actionnaires veuillent plus de dividendes...
Quelle responsabilité légale a le patron qui licencie devant la société, fondée sur une démocratie constitutionnelle qui donne au droit à l’emploi une force légale ? Aucune...
Dassault veut-il vendre ses titres de presse quotidienne régionale à peine achetés? Il le fera quelles que soient les conséquences sur les salariés qui ont œuvré pendant de longues années aux titres mis en péril.
Hewlett Packard préfère-t-il gagner de l’argent avec des salaires d’ingénieurs en Inde moins payés que les créateurs de Grenoble ? Rien ne l’empêche de «délocaliser», c’est-à-dire obtenir la même production à moindre coût.
Sarkozy place sa société Tissages de Picardie en cessation de paiement, déclarant qu’il y a trop d’ouvriers mais que dans son cas la délocalisation est trop chère. Lui, président de la patronale Union des industries textiles d’un Medef dans lequel il était hier encore candidat à la présidence, quelles contraintes légales rencontre-t-il ?

 Faisons de l’emploi  une responsabilité
sociale  de l’employeur

Nous, salariés, n’avons qu’un revenu, celui de notre travail. Le perdre signifie être déclassé durablement, voire basculer dans la pauvreté après des périodes insupportables de surendettement de recherche vaine de travail.

Le gouvernement exige : que les chômeurs acceptent n’importe quel travail, ou alors ils perdront leurs allocations. Il s’agit pour Villepin de purger les listes et aussi de faire baisser l’échine aux sans emploi.
Mais pourquoi pas une obligation aux entrepreneurs de fournir du travail ? Tels sont les termes de la constitution, devoir de travailler, oui, mais droit à l’emploi en même temps !
Eh bien, la FILPAC CGT propose de retrouver le chemin de la démocratie en considérant que l’emploi relève du domaine de la responsabilité sociale de ceux qui ont le pouvoir d’en proposer. De la même façon que les accidents du travail relèvent automatiquement de la responsabilité de l’employeur, nous voulons établir un système de responsabilité de l’employeur face à l’emploi, donc en finir avec l’impunité, et l’immunité sociales dont il bénéficie.

L’emploi doit devenir une
obligation sociale

Malgré les reculs et les brèches ouvertes, la maladie, la vieillesse ont toujours statut de risque social, il y a une sécurité sociale pour ça.
Dans les décisions stratégiques prises au cœur d’une direction qui ne rend compte qu’à ses propriétaires, la FILPAC CGT propose d’introduire une obligation sociale, légale, de protéger et promouvoir l’emploi. 
L’opinion tolère mal que l’industrie ne respecte pas l’environnement. La pollution est condamnée sans appel. Mais la pollution sociale ? Qui pollue paie les dégâts, c’est entendu (même si cela reste à appliquer complètement). Eh bien, qui prétend faire peu de cas de l’emploi dans ses décisions doit être considéré comme un pollueur social, fauteur de chômage, donc être passible de contraintes légales l’empêchant de détruire le travail humain.
Le travail salarié doit conquérir un statut social de haut niveau, garanti par la communauté nationale et l’Union européenne, de telle manière que le XXIe siècle sorte de la barbarie économique inhumaine du chômage et de la précarité.
Perdre son emploi ne doit pas signifier descendre, culpabilisé et isolé, au bas de l’échelle sociale.
Un système de sécurité sociale professionnelle doit être établi sur un socle national légal par branche, de telle manière que l’employeur ne puisse pas s’appuyer sur l’effort national pour payer les dégâts de ses licenciements.

Une entreprise de longue haleine,
forcément unitaire

La conquête de ce statut du travail salarié est bien à envisager comme une entreprise de longue haleine qui doit marquer le début de ce siècle. C’est que la résignation devient intolérable.
Comment deviendrons-nous admettre que les plus jeunes, de toute façon, connaîtraient un statut social en régression, comme s’ils étaient voués à la précarité par nature ?
Comment déplorer la montée de l’individualisme d’un côté, et ne pas voir de l’autre que cet individualisme n’est que le produit de la peur sociale et de l’isolement face à l’entrée sur le marché du travail ?

Avant, les idéologues au pouvoir nous disaient que les gains de productivité d’aujourd’hui feraient les profits de demain et les emplois d’après-demain. Nous sommes après-demain, les profits sont là au détriment de l’emploi. Maintenant, ils prétendent que le bonheur se trouve dans la solitude, dans la confrontation isolée face au contrat de travail et que seul le candidat au travail doit prendre les risques de la précarité.

Non seulement ils bâtissent un monde qui ignore la loi mais ils dressent un monument à l’égoïsme.

Nous ne croyons qu’à la solidarité, l’effort collectif et unitaire. Ce qui est périmé ce n’est pas le modèle social français, c’est le pouvoir monarchique des décideurs de priver la majorité d’emplois et d’avenir. Le statut du travail salarié est une solution collective, qui, basée sur la lettre et l’esprit de la république, s’oppose à l’individualisme libéral imposé par la contrainte économique.
Ensemble, débattons de cette perspective, donnons-lui un contenu précis selon nos branches, et renforçons l’action syndicale pour l’obtenir. 


6:14:38 PM    commentaire(s) []


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