Autopsie d'un conflit
ou
Le mystère de la chambre "jaune"...
PERE UBU :
"Si j'étais
roi, je me ferais construire une grande capeline
comme celle que j'avais en Aragon et que ces gredins d'Espagnols
m'ont impudemment volée."
Trois jours de
perturbations dans la
distribution de la presse à Paris, dont deux jours de non
parution des quotidiens payants, cela justifie une petite
explication et un petit rappel des faits.
Jeudi 1er septembre
une
délégation du syndicat Filpac-CGT de la SPPS est
reçue par la direction de l'entreprise. Au cours de cette
réunion, la direction nous annonce que, contrairement aux
engagements
pris avant l'été par la direction
générale
des NMPP devant le CILP, une session "d'intérimaires de
cadre"
serait ouverte, mais exclusivement à l'intention des
candidats
proposés par la section messagerie du SGLCE. Il faut
préciser que depuis la création de la filiale
SPPS, la
section messagerie refuse toute possibilité
d'évolution
de carrière aux ouvriers qui ont choisi d'être
transférés dans cette filiale au 1er juillet 2004.
Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu'ils sont
syndiqués au mauvais syndicat !
Ils sont bien syndiqués à la CGT mais
pas au bon syndicat...
Cet
énième retournement de position
par la direction des NMPP déclanche la colère de
nos
syndiqués qui, le 6 septembre et avec notre accord,
décident de se mettre en
grève pour obtenir une réunion avec les
éditeurs
afin d'aborder le problème de la reconnaissance du syndicat
Filpac-CGT de la SPPS et d'obtenir le respect de certains engagements,
notamment ceux sur les intérimaires, sur l'embauche
d'ouvriers
du Livre dans les
dépôts banlieue du Nord et de l'Est de Paris tel
que
définie dans la
minute de discussion du 29 novembre 2002
et sur la mise en place de la même organisation de travail au
dépôt de Bobigny que dans les 3 autres
dépôts
parisiens.
Comme la section
messagerie et les cadres CGT-NMPP détachés
à la SPPS ont pris l'habitude de briser nos mouvements
de grève en
venant effectuer notre charge de travail en heures
supplémentaires, le blocage de l'imprimerie du journal Le
Monde
est donc décidé pour le lendemain. La
décision de
bloquer la cour du Monde à partir de 9H00 le matin
est
décidée de manière à nous
permettre
d'obtenir une
réunion avec les principaux éditeurs sur l'ordre
du jour
que nous souhaitions sans empêcher la sortie du journal.
À 10H30, ce mercredi 7 septembre, nous obtenions cette
réunion et
notre mouvement cessa donc immédiatement, juste avant
l'heure habituelle de mise en route des rotatives.
10H35, la section
messagerie et les cadres
CGT-NMPP arrêtaient le travail dans les
dépôts de la
SPPS et dans la cour du Monde... Raison invoquée :
"la
mise en formation "intérim de cadre" de deux
ex-élus du syndicat Filpac-Cgt de la SPPS signataires de la
minute de discussion du 29 novembre 2002".
Le jeudi soir, juste
avant le dîner presse
de la fête de l'Humanité, la tenue d'une
réunion
paritaire
pour tenter de régler le problème
était
proposée par
le SPP (cette possibilité est prévue
dans la convention collective)
,
mais malgré l'accord de toutes les parties hormis les
représentants de la section messagerie et des cadres
CGT-NMPP
qui s'avouaient "dépassés" par leurs bases
respectives,
cette réunion n'a pas pu se tenir !
Le vendredi matin,
après deux
jours sans quotidien dans les points de vente, nous avons
été sollicité par les
éditeurs et le Comité intersyndical du Livre
parisienLe pour
débloquer la situation puisque aucun appel à la
raison
n'arrivait à faire reconnaître aux
grévistes
"jusqu'au-boutistes" le coté ubuesque de leur mouvement.
Après en avoir discuté avec le bureau du CILP et
avoir
réuni notre comité syndical, nous acceptions, la
mort
dans l'âme, que nos camarades attendent une nouvelle occasion
pour voir se réaliser leur aspiration de promotion sociale
tout
en maintenant nos autres revendications.
La situation
étant confuse et
ce résumé quelque peu succinct, vous avez la
possibilité de poser des questions ou de demander des
précisions sur ces évènements
ubuesques en vous
servant du lien ci-dessous.
Petit lexique pour les néophytes :
- CILP
: Comité intersyndical du Livre parisien.
- Filpac-CGT
: Fédération CGT des travailleurs des industries
du Livre, du papier et de la communication.
- NMPP
: Nouvelles messageries de la presse parisienne.
- SPP
: Syndicat de la presse parisienne.
- SPPS
: Société presse Paris service.
- SGLCE
: Syndicat général du Livre et de la
communication écrite.
- Intérims
de cadre:
Formation sur le lieu de travail, entrecoupée de stages
théoriques, pour permettre d'ouvrir des perspectives
d'évolution de carrière aux ouvriers. Si
l'intérimaire réussi sa formation, il est
nommé
cadre entre 12 et 18 mois plus tard.
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